Réflexions initiatiques sur les sylvains et les forestiers

Cet écrit est réalisé dans un esprit de SERVICE. Il vous faut comprendre qu’il est le fruit d’une recherche personnelle, mais aussi en partie, d’une compilation d’ouvrages choisis et jugés incontournables de par les enseignements indispensables qu’ils véhiculent. Les synthèses ainsi développées sont expurgées de toutes les scories du passé. Elles vont permettre au chercheur d’aborder le symbolisme, la spiritualité et l’ésotérisme s’il le désire, dans le cadre d’une recherche sérieuse et objective.
Gardez votre libre arbitre, cherchez l’esprit sous la lettre et faites un bon usage de ce document pour l’évolution et l’expansion de votre propre champ de conscience.

d’Ogyvie

Article mis en ligne le 10 mai 2015
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MISE EN GARDE IMPORTANTE !
CET ARTICLE NE REPRÉSENTE PAS L’OPINION DE LA RENOUÉE

REFLEXIONS INITIATIQUES SUR LES SYLVAINS ET FORESTIERS

Les différents corps de métiers de la Franc-Maçonnerie opérative de la pierre et des autres corporations présentent une évolution historique comparable à celle des forestiers.

Il va de soit que selon l’histoire du compagnonage il a fallu plusieurs siècles pour que les différentes corporations naissent car la transmission et l’adaptabilité des rituels étaient bien souvent refusée, ce qui générait des bagarre sans fin, car la corporation qui en parrainait une autre sans l’accord de toutes était mise au banc des accusés et ses membres devenaient des traitres.

C’est un peu ce qui s’est passé au niveau de nos obédiences pour ce qui concerne la reconnaissance d’une autre, la seule différence c’est que l’on se faisait des croches-pieds sans aller toute fois jusqu’à la violence comme cela a été le cas parmi les opératifs.

Ce qui ma amené a effectuer ce travail, c’est l’absence d’informations transmises par les gens lettrés lors des différentes visites de monuments concernant les goths et l’art gothique. Tout était historiquement à notre portée mais personne n’osait en parler.

Nous allons faire un peu d’histoire et remonter à l’Arianisme
L’arianisme était une religion chrétienne, mais qui niait la sainte Trinité (le Christ n’étant pas l’égal du Père).

On s’interrogeait depuis longtemps sur la Trinité : comment Dieu peut-il être un et trois à la fois ? Arius, prêtre d’Alexandrie du début du IVème siècle, reprend et défend la thèse que le Christ n’est pas l’égal du Père : Jésus est un homme dans lequel s’incarne la Parole de Dieu, Jésus serait né homme et ne serait véritablement Fils de Dieu qu’au jour de sa résurrection. Le Fils serait postérieur et subordonné au Père. Parce que cela conduit au polythéisme (et non à un strict monothéisme, car le Christ est divinisé à sa résurrection), l’arianisme est rapidement condamné pour hérésie en 325 à Nicée. C’est la première grande hérésie chrétienne. La rupture est aussi linguistique et culturelle : grecque et philosophique à l’est, latine et légaliste à l’ouest. Malgré cette condamnation, les idées ariennes persistent en Orient pour resurgir officiellement sous les règne des empereurs Constance II et Valens.

Les barbares Wisigoths sont installés sur la frontière danubienne. Ulfila (ou Wulfila), apôtre arien, traduit la Bible en langue gothique et oeuvre comme évêque à l’évangélisation des Goths et des Vandales. Cette conversion au christianisme facilite l’entrée des Wisigoths dans l’Est de l’empire romain durant les années 370.

En 381, le concile de Constantinople (où ne siègent que 150 évêques) fait la synthèse entre les thèses grecques et latines, codifiant le dogme de la Sainte Trinité. Les Wisigoths ne s’y rallient pas, restant fidèles à ce qu’ils considèrent la chrétienneté traditionnelle. Cela génèrera un frein à leur intégration en Occident et donc en Aquitaine en 414, la thèse arienne n’ayant été populaire que chez les grecs, pas chez les latins.

La conversion directe des Francs du paganisme au catholicisme romain leur donnera un avantage politique certain auprès des Gallo-romains et de leur clergé.

Ces GOTHS furent vite tenus à l’écart pour des raisons diverses, sans doute par la terreur engendrée pendant des siècles par la lèpre et par les effroyables épidémies de peste qui ravageaient des villages entiers et contre lesquelles la population était totalement désarmée. Ils furent surnommés CAGOTHS

Ils constituaient ainsi une caste d’individus marginalisées confinés dans des quartiers spéciaux et qui avaient une place à part dans l’église. Ils n’étaient pas intégrés à la société et ne dépendaient ni de la gestion de la commune (jurat), ni du système vicomtal. Ils n’avaient pas de nom de famille ou de maison, ils dépendaient de l’église et jusqu’à Louis XIV n’ont pas payé d’Impôts !

Comment ces gens ont-ils pu subir pendant plusieurs siècles, une ségrégation aussi sévère : rien, ni la race, ni la langue, ni la religion ne les distinguait des autres personnes. Les conditions de vie qui leur étaient faites, étaient comparables à celles des Intouchables de l’Inde. Boucs émissaires de la société, ils étaient accusés de tous les maux : sorciers, hypocrites, voleurs, pédérastes, responsables des épidémies,... on ne leur épargnait rien. Lors d’un procès on disait que le témoignage de six cagots était équivalent au témoignage d’un citoyen. Ils vivaient à l’écart du village et étaient tenus de porter un signe distinctif : la patte d’OIE OU DE CANARD, taillé dans du drap rouge, cousu sur leurs vêtements. Ils n’avaient pas le droit de marcher pied nu et ils ne pouvaient porter aucune arme ni objet pointu ou tranchant.

Ils ne pouvaient exercer que certaines professions, notamment celles de constructeurs, charpentier, bûcheron, menuisier, tonnelier, fabricant de cercueils, le bois était en effet censé ne pas transmettre la contagion. Ils pouvaient également être maçons, vanniers, tisserands... mais jamais, ils n’ont occupé de métiers en rapport avec l’alimentation : meuniers, bouchers, boulangers...

Il leur était interdit de toucher les éléments naturels, terre, eau et feu. C’est pourquoi ils avaient leur fontaine dite " fontaine des cagots ". Ils ne pouvaient remplir aucune charge ni dans l’église ni dans les municipalités.

Curieusement certains d’entre eux exerçaient la profession de maîtres de chirurgie ; ils soignaient et guérissaient les plaies. On leur prêtait quelques secrets pour la guérison des maladies. Les cagottes, elles étaient expertes dans la connaissance des plantes et toutes les sages-femmes avant le 15ème siècle étaient cagottes.

Les cagots ne pouvaient se marier qu’entre eux, ils allaient donc très loin chercher leur conjoint. Ils entraient dans l’église par une petite porte qui leur était réservée, très basse, comme pour les obliger à baisser la tête en passant ; un bénitier spécial leur était réservé, ils étaient parqués au fond de l’église pendant les offices. Sur le registre paroissial, la mention cagot devait être expressément indiquée. Une fois morts, ils n’étaient pas mieux traités. On ne Les enterrait pas dans les cimetières en terre bénie, mais en dehors des murs, en bordure des chemins. Les noms de famille qu’ils portaient ne peuvent pas servir à les distinguer du reste de la population. On peut trouver dans la même paroisse des familles portant le même nom, les unes Cagotes et les autres non. Sous Louis XIV, l’emploi des termes discriminatoires servant à les désigner est interdit. Les humiliations ont malgré tout continuées, pour tourner l’interdiction, les gens utilisaient le terme de "charpentier" profession qu’ils exerçaient souvent. Curieux non !!!. LES CHARPENTIERS avaient bien comme maître le très chrétien père SOUBISE décrit toujours en robe de bure.

Le statut du charbonnier était lié à celui du forgeron, et des fendeurs car la qualité de la production de l’un déterminait l’activité de l’autre. Comme le forgeron, redouté autant qu’admiré, investi de puissances magiques, le charbonnier vivait en marge de la société des hommes, reclus dans l’épaisseur d’une forêt dont il ne sortait que pour commercer avec cet autre paria qu’était le maître de forges. L’émergence d’une société de métier de charbonnerie s’accompagna de l’élaboration d’un nouvel univers mythique où cohabitaient les valeurs symboliques fortes du feu, du métal et de la forêt. Mais l’ossature des mythes charbonniers devait reposer sur le symbolisme de l’arbre cosmique abattu et renversé, du pivot et de l’omphalos qu’on déracine, qu’on étête, et que l’on sacrifie pour que l’homme demeure l’homme.

La Charbonnerie porte donc en elle cette malédiction initiale, presque ontologique, qui fait que les communautés de Charbonniers durent vivre géographiquement, judiciairement et religieusement en fondant des valeurs qui leur étaient propres, et qui s’inscrivaient contre les modèles imposés par la société dominante.

Les reconstructions maçonniques et catholiques qui en font des sociétés de joyeux drilles en sabots ou de pieux campagnards n’ont rien compris à la Charbonnerie, ou plutôt ont cherché à désamorcer la subversion dont elle est intimement, et répétons-le, métaphysiquement constituée. La première des offensives fut lancée au XIème siècle, par le moine Théobald, dont on sait peu de choses sinon qu’il fut de la famille des Comtes de Champagne et qu’il alla évangéliser les Charbonniers. La légende raconte qu’ils étaient dans un état de primitivité et de barbarie ignoble et que Théobald leur offrit, en sus du Christ, la morale et le moyen d’échapper à l’animalité dans laquelle ils étaient enfoncés. On sait en fait qu’il n’en était rien.

La société des Charbonniers était organisée, avait ses propres lois et rituels, dont il faut préciser qu’ils n’étaient pas des rituels au sens moderne du terme, c’est-à-dire des cérémonies détachées du contexte ordinaire et quotidien. C’était leur vie entière qui battait au rythme de références mythiques vécues, ressenties, perçues, archaïques, préchrétiennes. Il est difficile de savoir sur quel fond païen tout cela s’est constitué. Sans doute y eut il les stratifications d’un imaginaire néolithique et chamanique, puis celtique et druidique (1). Mais rien là-dessus n’est bien sûr.

En tout cas, lorsqu’il fallu, pour le christianisme, détruire ces véritables adorateurs du diable — diabolein, qui divise, ici en l’occurrence le Ciel de la Terre, par la hache et le feu —, il fut aisé de renverser complètement le mythe fondamental et la violence sacralisée. Ce n’était plus le Charbonnier meurtrier du cosmos qui justifie qu’il tue journellement dieu ; c’était le Charbonnier adorant le sacrifice que dieu fait aux hommes en leur offrant son fils.
C’est ainsi que par le christianisme, Rome sut faire disparaître leur mode de vie proche du chamanisme pour en faire les témoins du divin qui renaît.

C’est notamment au degré de maître que l’opération fut couronnée de succès, et tous les rituels qui ont existé avant le XVIIème siècle identifient le Charbonnier au Christ rédempteur, et sa mise à mort symbolique à la Passion du Sauveur. La symbolique des instructions se double systématiquement d’un catéchisme strictement catholique, et axé presque uniquement sur la mise en croix.

La présence du Christ sur le Drap blanc, comme s’il était l’une des Figures fondatrices du mythe a existé bel et bien. Hors, ce n’est pas le Christ qui peut faire cristalliser les images du métier de Charbonnier et qui retentit analogiquement avec les pratiques transgressives ; ce ne peut être qu’une image inversée, comme celle de Judas, ou encore, le Baphomet — dans l’acceptation contradictoire du mal, qui permet, par la destruction de l’ordre ancien, l’établissement d’un nouvel ordre.

Le Christ est une figure qui pardonne, et qui efface la distance qui séparait les hommes de leur Père. Or la charbonnerie accentue cette coupure entre les deux mondes, par le coup de hache, mais plus tard, pour permettre au trait bleuté de la fumée du fourneau de refaire le trait d’union. Aussi n’est il pas possible de présenter un point de focale symbolique qui, comme le Christ, signifie l’absolution des péchés. Il faut plutôt présenter l’objet qui signifie la violence légitime (la hache ou le poignard) ou qui nie dieu (une simple figuration de l’homme, par exemple un miroir). C’est sans doute ce qu’il y eut au premier temps, avant Théobald.

Il y a là ce qui s’appelle une terrible contre-initiation, pratique à laquelle les sectes chrétiennes sont rompues, et qu’elles ont expérimentées depuis deux millénaires sur toute la surface du globe, en " théologisant ", en conceptualisant une perception immédiate du sacré, en confisquant l’expérience ouverte du sacré, qui ne se refuse à aucune catégorie d’hommes, même pas aux tueurs de dieu qu’était les charbonniers primitifs.

La seconde offensive fut maçonnique lorsque les Rites de Fendeurs et les Rites de Charbonnerie furent phagocytés au XVIIIème siècle par les Loges de Saint-Jean. Le renversement des valeurs orchestrés par la Maçonnerie, en intégrant les motifs charbonniers à son univers imaginal, consistait en une disparition de la sacralisation de la violence. Pour ce faire, ce qui demeurait de la Charbonnerie, déjà meurtrie par les souillures chrétiennes, devait passer sous les fourches caudines de l’obéissance impérative à la religion sur laquelle tous les hommes s’entendent ( ne jamais être un athée stupide ni un libertin irreligieux "), et devait obéissance au prince de la patrie (article 2 : " paisible sujet des puissances civiles en quelque endroit qu’il réside ou travaille "). Ainsi, en s’urbanisant, en rejoignant une Maçonnerie qui, disons-le, se voulait être essentiellement à l’époque société courtisane, les derniers restes de la Charbonnerie perdirent toute la nocivité, toute la noirceur dont ils étaient porteurs. Mais on ne peut pas blanchir un charbon ! Aussi, bien vite, ce qui demeurait de la Charbonnerie primitive s’étiola et s’éteignit dans la respectabilité des Temples Maçonniques.

La Pierre couvrit — en partie tout au moins — le Bois.

Pour ce qui est de notre filiation , ce qui est certain, c’est que se sont les rituels de fendeurs qui ont servi lors de la construction de la Cathédrale de Strasbourg à initier les compagnons allemands qui ont baptisés la franc maconnerie allemande la bohutte (hutte du charbonnier) C’est de ces rituels légèrement adaptés qu’est née la Maçonnerie allemande et plus particulièrement de la STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE et les illuminés de Bavière. Le Frère Villermoz s’en inspira pour créer le R.°.E.°.R.°. C’est depuis ce temps que les frères forment la loge à l’image du four à charbon pour protéger le tapis de loge et initier ou cuire , rotir le frère qui deviendra un bon briquet , une nouvelle lumière qui luira dans les ténêbres. L’atelier est la fôret on peut en faire le tour, on y entre par le pied cormier pour en sortir c’est plus difficile il faut souvent se perdre , trébucher, en faire plusieurs fois le tour, être à la merci des Frères et passer symboliquement dans les épines.

J’ai dit

L’entièreté de la communication de Max Haillot est disponible sous forme de fichier Acrobat.


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